Bienvenue au musée en plein air d'Ootmarsum. Pour vous repérer facilement sur le site de notre musée,
vous pouvez consulter cette page de notre site web. Vous y trouverez un plan sur lequel figurent des photos des 21 bâtiments.
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Sous chaque description se trouvent généralement quelques petites photos cliquables. Des récits et des vidéos complémentaires s’afficheront alors.
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Le « Los Hoes » est un type de ferme où les hommes et les animaux cohabitent dans un même espace. Cette ferme pouvait être facilement déplacée.
Le « Los Hoes » est un type de ferme où les hommes et les animaux cohabitent dans un même espace. « Hoes » signifie « maison » et « los », en dialecte de Twente, signifie notamment « ouvert ». C’est ainsi qu’on ouvre ici la porte ou la fenêtre. Certains ont également suggéré que le « los » de « los hoes » signifierait « non fixé ». En d’autres termes, que la ferme était mobile. En effet, la charpente, les montants et la structure porteuse reposent sur des pierres de champ et sont faciles à démonter. De plus, elle serait considérée comme un bien mobilier aux fins fiscales. Il s’agit là d’un mythe. Des recherches archéologiques montrent que, depuis le milieu du XIIIe siècle, les fermes de la région de Twente se trouvent plus ou moins au même endroit.
Ce « Los Hoes » date de 1664. Le 6 avril de cette année-là, Lambert te Gronvelt et Tryne, sa femme, ont organisé ce qu’on appelait un « richtersmoal » pour remercier tous les voisins qui avaient aidé à monter les charpentes. C’est ce que raconte l’inscription sur l’arc de la porte d’entrée. En se tenant dos à la grande porte d’entrée, on aperçoit à gauche l’étable. À droite se trouvait la porcherie. À côté de la porcherie se trouvait l’atelier de tissage, et derrière celui-ci, la salle de traite. À gauche, les lits-couchages. Les gens étaient plus petits, mais dormaient souvent assis. La superstition voulait que, si l’on s’allongeait sur le dos, tout le sang affluerait vers la tête et l’on mourrait. De plus, dormir assis soulageait les poumons.
Le meilleur atout d’un « Los Hoes » était le grenier. C’est là que l’on stockait la récolte. Le grenier était recouvert de « sleeten », de longs et fins morceaux de tronc d’arbre. La fumée du feu du « Los » s’infiltrait à travers ces « sleeten » et tuait tous les insectes encore présents dans la récolte. À l’heure du coucher, on plaçait le brasero sur le feu qui couvait encore. Cela permettait d’empêcher le chat de s’approcher trop près. Un chat, aussi appelé « balknhaas », pouvait en effet se faufiler partout dans la ferme et si un « balknhaas » enflammé s’enfuyait vers le grenier à foin, la situation risquait de devenir bien trop brûlante…
Los Hoes - Intérieur
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Los Hoes - Intérieur
Le soir, autour du feu, on se racontait des histoires passionnantes, des légendes. Des récits où intervenait le surnaturel. Des « Héémannekes » au « Kardoeshond ».
Lorsqu’un « Todde » ou un « Kiepenkerl », c’est-à-dire un colporteur, passait par là, les dernières nouvelles se transmettaient « de feu en feu ». Elles se répandaient comme une traînée de poudre dans tout le village. Les « Todden » habitaient à environ 50 kilomètres de l’autre côté de la frontière, en Allemagne ; ils venaient d’Oldenburg, de Mettingen et même de Münster. Deux frères, Carl et August Brenninkmeijer, étaient particulièrement célèbres :
C & A et la famille Peek et Cloppenburg. Ces Todden vendaient de tout : principalement du textile. On disait que s’il existait un endroit au monde où aucun Todde n’était encore passé, cet endroit ne valait probablement pas la peine d’être visité. Les Todde achetaient le lin en rouleaux auprès des tisserands à domicile. Ils savaient exactement où habitaient les bons tisserands et c’est auprès d’eux qu’ils achetaient au printemps les rouleaux de lin qu’ils avaient commandés à l’automne pour les revendre ailleurs. Enrouler le lin en rouleaux bien serrés et élégants était un véritable art. Ces rouleaux de lin, appelés « rouleaux de dook », étaient conservés dans le « kamnet » (cabinet). Cette armoire à lin était exposée lors d’occasions spéciales pour montrer la richesse. Si les rouleaux n’étaient pas assez larges pour le placard, on plaçait parfois, à l’abri des regards, un petit bloc de bois derrière afin de donner l’impression qu’ils l’étaient davantage. Les rouleaux étaient aussi souvent offerts en cadeau. Celui qui « avait sa place dans le kamnet » occupait une position privilégiée au sein de cette famille. Le linge pouvait s’abîmer sous l’effet de l’humidité, se détériorer. Il fallait donc en vérifier la qualité pendant la journée, à la lumière du jour. « On ne doit pas ranger le linge ni les femmes près de la lampe ».
À côté du « kamnet » se trouve le « spinde », le garde-manger. C’est sur l’étagère du haut que l’on conservait les meilleurs et les plus savoureux aliments. Au-dessus du feu est suspendu le « haol », c’est-à-dire la potence. C’est là que s’accroche la bouilloire pour faire bouillir de l’eau ou un support pour poser la poêle. Nous connaissons tous cette potence brûlante : mieux vaut ne pas y toucher. La dernière petite tâche de la semaine pour la servante, avant d’avoir congé, consistait à nettoyer le « haal ». Elle pouvait alors aller faire ses courses.
Los Hoes - Lit à baldaquin, bâton de voyage
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Los Hoes - Lit à baldaquin, bâton de voyage
Le fermier et la fermière dormaient dans le lit clos le plus proche du bétail. L'autre lit clos était réservé aux enfants. Un lit clos pouvait accueillir jusqu'à quatre jeunes enfants : deux la tête d'un côté et deux la tête de l'autre. Le valet et la servante dormaient sur la mezzanine basse, appelée « hiel ». S’il y avait beaucoup d’enfants, on installait parfois un petit lit ou un grand tiroir sous le lit encastré des parents, où dormait alors l’enfant de second rang.
Près de son lit clos, ou à l’intérieur même de celui-ci, le fermier gardait sa canne de garde. Une magnifique canne qui lui permettait de se déplacer et de repousser le danger d’un coup de bâton. La canne de garde est un produit de la nature. Enroulez du chèvrefeuille autour d’une branche et laissez les deux pousser ensemble. Coupez la branche lorsqu’elle est assez grande, retirez le chèvrefeuille et placez-y un pommeau rond.
Une belle histoire à propos d’une canne de marche est celle de Gait. Gait n’avait pas peur du diable et il le disait à tout bout de champ. On ne pouvait pas croiser Gait sans qu’il dise : « Je n’ai pas peur du diable ». La sœur de Gait avait été invitée à une fête du filage à Vasse et c’était à Gait de porter le rouet. Marietje était là aussi et l’ambiance était très conviviale. Mais au cours de la fête, le temps se gâta de plus en plus. Un énorme orage, accompagné de coups de tonnerre, approchait. Le temps est même devenu si mauvais que la fermière a dit : « Les jeunes, vous pouvez bien rester dormir ici. C’est vraiment du mauvais temps. »
Mais Gait… Gait n’avait pas peur du diable, disaient ses camarades, il pouvait donc bien rentrer chez lui. Gait ne peut pas se dérober, il ne veut pas se laisser intimider. Il prend son bâton de berger et se met en route sous la pluie et l’orage. Dans la grange, ses camarades trouvent une peau de vache et un crâne de vache, et ils décident de donner une leçon à Gait. Son meilleur ami enfile la peau et coiffe le crâne. Il se cache dans le fossé, le long du chemin de campagne. Gait passe avec son bâton de berger, un éclair illumine le champ et son ami bondit : « Bouh, Gait, c’est moi, le diable ! ».
Gait a une peur bleue, mais n’hésite pas un instant. Il saisit son bâton de moisson et frappe le diable en plein entre les yeux. L'instant d'après, l'obscurité revient et le diable a disparu. Gait se sent comme un vrai dur à cuire et rentre chez lui en sifflotant sous la pluie. Le lendemain, il croise ses camarades en ville et leur raconte fièrement son exploit. Ses camarades partent alors à sa recherche et trouvent dans le fossé le meilleur ami de Gait, avec une énorme bosse sur la tête. Selon la légende, Gait n’aurait plus jamais été invité à la pêche à la mouche.
Comme quoi : il ne faut pas avoir peur du diable : il suffit simplement de ne pas s’en vanter.